Khaled Traouli/Osons la solution Islamique: Un Taux d’intérêt nul...et rapidement


Nous savons que l’application d’un taux intérêt nul est un ébranlement du système financier général et peut-être un changement radical de l’ordre économique mondial, mais peut-être aussi une solution à la crise et donc l’établissement d’un ordre plus juste et plus équitable dont le souci majeur demeure le bonheur de tous, sous une seul bannière et avec une seule adresse: l’Homme, son bien et son bonheur, loin de toute étiquette idéologique et partisane.

Rien ne marche ou presque…rien ne semble répondre aux interventions politiques et économiques, aux déclarations des uns, aux appels des autres, même la main invisible est inerte…le monde de petit peuple semble être aux abonnés absents…la méfiance s’installe à grande pas et le pire est à craindre…
La crise débutant dans le symbolique, dans les chiffres et sur les écrans, s’attaque désormais à l’économie réelle, certains, dont l’ancien directeur de la banque fédérale américaine, la comparait déjà à la grande crise de 1929…
Les solutions préconisées se résument en une finalité suprême : rétablir la confiance entre les acteurs, rétablir la confiance en un système…les modalités sont connues, une intervention plus musclée de l’Etat à travers ses différents plans d’achat des crédits « poubelles », la nationalisation partielle du système bancaire et une baisse significative du taux d’intérêt.
Le système s’essouffle et il atteint ses limites, certains estiment que nous sommes à la veille d’un chambardement totale, d’un avant et d’un après…la fin de l’Histoire est peut être pour cette fois-ci à nos portes…un changement partiel, un colmatage par-ci par-là peut-il suffire à régler le système ou le réguler et le mettre debout ? Aurait-on l’envie ou le pouvoir de le faire ? Le système est-il encore capable de répondre à nos interrogations, et à nos besoins ? Le système n’est-il pas arrivé à son terme, et qu’il faut peut-être réagir radicalement et avec calme, pour sauver non pas le système, qui n’est que le cadre qui gère la cité, mais sauver les gens et leur vie quotidienne ? Ne faut-il pas oser et à avec pertinence que le système actuel rendait l’âme et qu’il faudrait songer à le changer, sans aucune arrière pensée idéologique ou lobbyiste, quitte à essayer des méthodes qui viennent de loin, d’une autre culture que la notre, d’une histoire, peut-être, que nous avions le plus souvent ridiculisé ou écarté ?
Le courage n’est nullement mais saisir l’occasion lorsqu’elle se présente et l’appliquer contre vents et marrés si nous jugeons et nous croyons à sa générosité et son efficacité, la recherche de cette solution « miracle » ne doit pas se limiter à notre aire culturelle ou à notre histoire. L’autre, aussi différent soit-il, ne devrait pas être absent de notre grille dans la ruée vers le paradis perdu.
L’Islam pourrait-il apporter sa pierre dans cet édifice, permette-ils de résoudre une partie de ce puzzle de la crise ? La question peut être posée dans ce processus déclenché de la recherche du salut.
L’Islam est une religion qui ne se limite pas au cercle privé, elle apporte selon ses adeptes des réponses variées au fonctionnement de la cité, selon des règles et des lois, qui constituent ce qu’ils appellent la charia. Cette dernière demeure une lecture du réel à travers le prisme du sacré, et donc sujette à des appréciations et des approches selon l’espace et le temps dans un cadre bien défini de préceptes et de principes.
Déjà certaines voies commencent à découvrir l’approche islamique dans la finance et de s’y intéresser, le sénat français a émis un rapport en 2007 intitulé « le nouvel âge d’or des fonds souverains au moyen orient » et a consacré deux tables rondes sur la finance islamique, les enjeux et les adaptations (14 Mai 2008). D’autres ont déjà appliqué le principe de la finance islamique , dont la grande Bretagne qui voudrait être précurseur dans l’introduction des préceptes islamiques dans son système financier et de rêver à devenir la première place mondiale de la finance islamique.
Le journal Challenges évoquait dans son édition du 11 sep 2008 la finance islamique en ces termes « si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds propres, avaient respecté un tant soit peu la charia, nous n’en serions pas là...Simplement, leurs banquiers ne transigent pas sur un principe sacré : l’argent ne doit pas produire de l’argent. La traduction de cet engagement est simple : tout crédit doit avoir en face un actif bien identifié. Interdits, les produits toxiques; oubliés, les ABS et CDO que personne n’est capable de comprendre. Autrement dit, l’argent ne peut être utilisé que pour financer l’économie réelle..” Le journal des finances, de conclure (28/09/2008) “Si nos dirigeants financiers cherchent vraiment à limiter la spéculation, rien de plus simple, il suffit d’appliquer des principes de la Charia arrêtés sept cents ans auparavant : interdit de vendre des actifs que vous ne possédez pas de façon effective ou de réaliser des opérations de prêts d’argent moyennant rémunération. Interdit surtout de spéculer sur les déboires d’une entreprise. Le seul moyen de s’enrichir c’est de participer au développement d’une entreprise et d’en percevoir les fruits en étant présent au capital.”
Ces appels et ces recommandations et cette prise de conscience générale sur l’opportunité de la finance islamique et sur son rôle dans établissement d’un système financier plus équitable et plus tourné au développement et à la croissance plus qu’ à la spéculation, nous semblent constituer un début de processus irréversible dans le sens d’oser l’application d’un taux d’intérêt nul et l’adaptation des différents modalités d’investissement issues de la finance islamique.
Nous savons que cette solution n’est pas simple à accepter et à appliquer, plusieurs facteurs et dimensions peuvent intervenir, elles touchent l’imaginaire, font songer au rationnel et même à l’irrationnel, et peuvent faire réagir l’irresponsable…
Un taux d’intérêt nul équivaut en faite à un changement des pratiques bancaires, des relations entre la banque et ses clients, entre la banque et la banque centrale, entre le capital et le travail, dont le principe général serait le partage des pertes et des profits et le système de 3P. Un nouveau rapport social fondé sur le partage des risques inhérents à toutes activité économique s’installe et pourrait constituer une solution alternative de grande envergure..
Les différentes recommandations qui surgissent aujourd’hui aussi bien des politiques que des économistes, des gouvernements que de des banques centrales tournent autour d’une baisse sensible des taux di’intérêt, mais l’effet escompté tarde à venir et la réponse des différents acteurs est souvent négative. Il nous semble que ce processus de baisse doit aller jusqu’à son terme et oser un grand coup… à évènement exceptionnel réponse exceptionnel, n’est-il pas plus courageux, plus judicieux de dire que ce colmatage ne suffit plus et qu’il faudrait oser l’inimaginable, et justement frapper l’imaginaire des gens et gagner leur confiance!
Nous savons que l’application d’un taux intérêt nul est un ébranlement du système financier général et peut-être un changement radical de l’ordre économique mondial, mais peut-être aussi une solution à la crise et donc l’établissement d’un ordre plus juste et plus équitable dont le souci majeur demeure le bonheur de tous, sous une seul bannière et avec une seule adresse: l’Homme, son bien et son bonheur, loin de toute étiquette idéologique et partisane.

2008-10-12